La survenue des infections  gravissimes attribuées à la corticothérapie est bien documenté, mais l’incidence des infections communes chez le patient âgé, ou parfois la corticothérapie est le seul traitement indiqué dans certaines polyarthrites n’est pas bien établi.

D’où l’intérêt de cette étude de cohorte extraite du registre assurance maladie du Quebec qui a inclue 16207 patients de plus de 65 ans ayant une PR.

But : - évaluer le risque des infections communes.

-comparer les PR traitées ou non par corticoïdes.

- estimation du risque infectieux /dose de corticoïdes.

-comparer risque infectieux : corticoïdes/DMARDS.

Résultats : 16 207 patients  › 65 ans ont été  inclus,  il y’avait 13 634 infections communes, 35% des patients étaient  sous corticoïdes. Le risque d’infection commune est estimé à 47,5% patient année, l’appareil respiratoire est le premier site infectieux.

L’incidence des infections est de 52,4% patients année pour les PR sous corticoïdes, contre 35,8% pour les PR sans corticoïdes soit un risque relatif de 1,20.

Toutes les doses de corticoïdes ont été incriminées dans la survenue des infections, ceci à été conforté par  les faibles doses retrouvées dans cette cohorte, où les doses ont été comprises entre 5 et 9,9mg/j.  Le risque infectieux est nettement très élevé pour des doses ›20mg/j (le RR est de 2,05).

L’association méthotréxate corticoïdes n’augmente pas le risque infectieux /patients sous méthotréxate seul. De même chez les patients sous salazopyrine  et anti paludéens de synthèse ou même une diminution du risque infectieux a été  constaté (probable effet d’épargne cortisonique et ou un meilleur contrôle de la PR).

Par contre dans cette étude l’association d’antiacides augmente le risque infectieux par un mécanisme non élucidé.

Commentaire : les corticoïdes par VO augmente le risque infectieux de 20%, ce risque existe quelque soit la dose, très important à partir de 20mg/j, le risque est indépendant de la durée d’exposition l’incidence des infections due à une corticothérapie récente reste élevé. L’association aux DMARDS est plutôt rassurante.

Conclusion : la corticothérapie augmentela survenue d’infections communes chez le patient âgé et suivi pour une PR, ces infections peuvent devenir gravissimes  sur ces terrains particuliers nécessitant une approche très attentive de la part du rhumatologue.

 WG Dixon et all. Ann. Rheum. Dis  june 2011 70 ; 956-60.