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Risque infectieux lié aux immunosuppresseurs dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde

Current Cover Les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ( PR) ont un risque élevé d’infections. Ce risque est augmenté par la maladie en soi et aggravé par les traitements immunomodulateurs utilisés pour sa prise en charge. La complication infectieuse est l’une des causes fréquentes de surmortalité dans la PR.

Le risque est variable selon le traitement de fond. Il peut s ‘agir d’infections à pyogènes ou opportunistes. Sous  traitement par anti TNF alpha  en monothérapie ont ainsi été rapportées des infections à Mycobacterium tuberculosis, Histoplasma capsulatum, Listeria monocytogenes. Quelques cas cliniques d’infections opportunistes chez des malades traités par méthotrexate (MTX) seul ont également été signalés.

Mais que devient ce risque chez les sujets traités par l’association méthotrexate-anti TNF alpha ?

Une équipe américaine a mené une étude prospective multicentrique d’octobre 2001 à septembre 2006 chez 7 971 malades souffrant de PR.

Plusieurs constatations ont été faites par les auteurs de ce travail :

-Le risque d’infection en général était augmenté chez les malades traités par MTX seul, anti TNF alpha seul ou association anti TNF alpha –MTX par rapport aux malades traités par un  autre DMARD.

-Le traitement par anti TNF alpha en monothérapie était associé à un risque accru d’infections opportunistes (RR 1,67), de même que le traitement par corticoïdes oraux (RR 1,63), alors que le traitement par MTX  seul n’augmentait pas ce risque. L’utilisation de corticoïdes per os à faible doses (inférieure à 10 mg/j) était associée à un risque accru d’infections opportunistes. Au delà de 10 mg/j, le « sur risque » était observé pour tous types d’infections.

-L’association MTX et anti TNF n’augmentait pas le risque d’infection  par rapport à une monothérapie anti TNF alpha. Il ne semblait  pas y avoir de synergie pour les effets secondaires infectieux.

-Le tabagisme, le diabète étaient des facteurs de risque indépendants d’infection.

-Les infections opportunistes le plus souvent constatées étaient dues au virus VZV (varicelle, zona) puis au Pneumocystis carinii.

Les résultats de cette étude menée sur un grand nombre de malades montrent qu’il est impératif de lutter contre la banalisation des traitements utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde et  incitent à une vigilance constante quant aux indications thérapeutiques et la surveillance des traitements.

Greenberg J D et coll. : Association of methotrexate and tumour necrosis factor antagonists with risk of infections outcomes including opportunistic infections in the CORRONA registry. Ann Rheum Dis., 2010; 69: 380-386